Avant l’effet coronavirus

Faut-il craindre la 5G ?

Avec le déploiement de la 5G, le “nuage électromagnétique” dans lequel nous vivons va encore se densifier.

Y-a-t-il des raisons de s’en inquiéter ? Découvrez l’opinion de trois experts, Yves Le Dréan, chercheur à l’Institut de recherche en santé, environnement et travail, Brigitte Lacour, épidémiologiste au Centre de recherche épidémiologie et statistiques Sorbonne Paris Cité et Olivier Merckel, chef de l’unité Agents physiques, nouvelles technologies et grands aménagements à l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.

  Des associations ont récemment appelé à un moratoire sur la 5G : avec cette technologie, les antennes se multiplieront et émettront un rayonnement puissant qui densifiera le “L’electrosmog” dans lequel nous baignons déjà. Selon elles, ce rayonnement présente des risques sanitaires réels et importants, dont la liste varie selon les lanceurs d’alerte : cancer, maladie d’Alzheimer, insomnie, baisse de l’immunité ou de la L’usage du portable serait-il dangereux pour la santé ?fertilité… Cette exposition est-elle toxique, ou le deviendra-t-elle par la multiplication des antennes 5G ?

L’avis de Yves Le Dréan

 

Certaines longueurs d’onde du rayonnement de la 5G seront plus petites, donc plus énergétiques, que celles de la 4G. Ce rayonnement pénétrera moins dans les tissus, ce qui poussera à examiner le risque potentiel d’atteintes sur la peau, les terminaisons nerveuses et la circulation sanguine. Cependant, l’énergie associée à ces ondes est trop faible pour créer des dommages cellulaires ou casser les liaisons de faible énergie qui maintiennent entre elles les assemblages moléculaires du vivant. Le seul risque avéré est un risque d’échauffement mais, sous nos réglementations, nous sommes très loin d’éventuels effets thermiques. Avec la 5G nous resterons bien en deçà des normes autorisées, même si l’on peut prévoir que l’internet des objets (l’interconnexion entre internet et des environnements physiques) augmentera notre exposition globale. Des études ont évoqué d’autres possibles effets biologiques, non thermiques, mais les résultats obtenus sont souvent contradictoires, et le manque de reproductibilité ne permet pas de tirer de conclusions. Je pense que, si ces effets hypothétiques existent, ils sont de très faible ampleur et ne dépassent pas la capacité des cellules à s’autoréparer ! De manière un peu schizophrène, beaucoup de citoyens très connectés sont en même temps presque prêts à croire que les ondes de nos téléphones ou antennes sont mortelles ! La pollution par les ondes n’est pas aussi préoccupante que celle de l’air. Il est certes impératif de suivre les éventuels risques à long terme de l’exposition à ces ondes, mais, loin des inquiétudes démagogiques, d’autres dangers avérés sont liés à l’utilisation du portable : décès par accidents de la route ou par selfies, difficultés de sommeil par hyperconnexion, sédentarisation croissante des enfants et des adolescents, attitude passive à l’égard du monde environnant !

L’avis de Brigitte Lacour

 L’Organisation mondiale de la santé classe les rayonnements électromagnétiques parmi les cancérigènes possibles. Une corrélation entre l’usage intensif du téléphone portable et le risque de développer une tumeur du cerveau a ainsi par exemple été établie par l’étude internationale Interphone. Mais qu’en est-il pour les enfants et adolescents ? Leur utilisation du téléphone portable a fortement crû depuis 25 ans, et l’arrivée de la 5G poussera sans doute ces jeunes utilisateurs à s’exposer davantage, par exemple pour télécharger des films ou jouer en réseau. Ont-ils un risque accru de tumeur cérébrale ? Ces pathologies sont extrêmement rares. Pour cette raison, certaines études aux résultats intéressants, comme le projet nordique Cefalo, pèchent par un échantillon trop restreint. Pour obtenir un nombre de cas suffisant, l’enquête épidémiologique internationale Mobi-Kids porte sur 900 patients atteints d’une tumeur cérébrale et 1 900 témoins de 14 pays. Ses résultats ne sont pas encore publiés. Leur analyse est difficile, en particulier parce qu’il faut tenir compte des biais méthodologiques possibles (non-participation, biais de mémoire…). Dans un autre volet de l’étude Mobi-Kids, des algorithmes sont développés afin d’estimer au mieux l’exposition au niveau de la zone du cerveau concernée par la tumeur en tenant compte du type de téléphone et du système de communication. Dans l’ensemble, les risques de biais méthodologiques sont très importants, et la prudence doit guider notre démarche scientifique.

 

L’avis d’Olivier Merckel

 Les êtres humains sont exposés au rayonnement électromagnétique artificiel depuis longtemps, en particulier par la radio. Mais désormais, avec le téléphone mobile, la quasi-totalité de la population place contre la tête ou le corps la source de rayonnement électromagnétique la plus intense dans cette gamme de fréquences, hors expositions professionnelles. Cette situation comporte-t-elle un risque pour la santé ? La réglementation limite l’exposition aux ondes émises par les téléphones, évitant ainsi un échauffement trop important pour les tissus. N’y a-t-il rien d’autre ? De nombreux effets ont été allégués mais leur niveau de preuve est souvent insuffisant. L’Anses mène des expertises collectives bibliographiques inspirées par la méthodologie du Centre international de recherche sur le cancer pour déterminer si ces effets sont avérés, probables, possibles ou non confirmés. Nous avons ainsi pu évaluer que le niveau de preuve de l’effet de l’exposition aux radiofréquences sur les tumeurs cérébrales est “possible” pour les grands utilisateurs de téléphone mobile (1 640 heures au cours de leur vie). Nous avons aussi souligné que le cerveau des enfants est plus exposé que celui des adultes, leur crâne étant plus fin. Malgré un manque d’études concluantes sur les risques associés à l’exposition infantile, cette question doit ainsi rester ouverte. Enfin, nous venons de constituer un groupe de travail sur les effets éventuels de l’exposition à la 5G, qui regroupe de nombreuses disciplines : biologie, toxicologie, épidémiologie, biophysique… À partir de 5 à 10 GHz, une grande partie du rayonnement est soit réfléchie soit absorbée dans la peau, plutôt que dans le corps. Si la 5G a des effets biologiques propres, ce ne sera sans doute pas sur le cerveau, mais bien plutôt sur des tissus de surface : la peau, l’œil ou le tympan.

 

NOTRE AVIS & AUTRES AVIS

La chirurgienne Dre Cindy Russell, ancienne présidente de l’association médicale du comté de Santa Clara et auteure de la résolution de l’Association médicale californienne sur le sans-fil, a passé en revue les recherches limitées disponibles sur la 5G et révélé les conclusions suivantes. Les glandes sudoripares seront particulièrement affectées, car elles agissent comme des antennes miniatures captant les ondes millimétriques de la 5G qui pourront avoir des effets physiologiques sur les systèmes nerveux, cardiaque et immunitaire par le biais de mécanismes neuroendocriniens. Il est probable qu’une épidémie de pathologies oculaires survienne avec l’exposition à long terme, par exemple une augmentation des cataractes chez les jeunes et les moins jeunes. Le système immunitaire de souris en bonne santé est altéré après une seule exposition entraînant une suppression de 50% de l’activité phagocytaire. Des malformations congénitales ont été détectés chez les mouches des fruits utilisées en laboratoire dans des études impliquant plusieurs générations. 

“Je prédit une augmentation de quatre types de cécité associés à la technologie 5G : les cataractes, le détachement de la rétine, le glaucome et la dégénérescence maculaire. Il ajoute : « Déployer des dizaines de millions d’antennes 5G sans un seul test pour vérifier si c’est sans danger au plan biologique doit être l’idée la plus stupide que quiconque ait eue dans l’histoire du monde. »

Le professeur Martin Pall, spécialiste de la question à la Washington State University

“Plus de 230 scientifiques et médecins ont signé en 2018 un appel international sur les graves risques que présente la 5G pour la santé. Cet appel a depuis été signé par plus de 100,000 personnes et organisations de plus de 187 pays. Ils recommandent un moratoire sur le déploiement de la 5G jusqu’à ce que les dangers potentiels pour la santé humaine et l’environnement aient été pleinement étudiés par des scientifiques indépendants sans lien avec l’industrie.”

“Tous les signaux d’alertes sont déjà au rouge avec la technologie 4G, dont la plupart des gens font un usage excessif et sans précaution, généralement par ignorance. Pour des millions de Canadiens, ajouter la 5G au smog électromagnétique actuel serait la goutte qui ferait déborder le vase déjà bien rempli de la surexposition aux RF.”

“Sur la base de milliers d’études révisées par des pairs, des preuves scientifiques indéniables existent sur les torts causés par l’électropollution générée par la multitude d’antennes ayant envahi nos milieux de vie ces dernières années. Parmi les nombreux effets pernicieux de cette pollution invisible, on peut mentionner l’épidémie d’insomnie et de cancers”

05 61 45 27 33
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La destruction de la nature par l’« électrosmog »

de Ulrich Warnke

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